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La Maison de la Culture


Inaugurée en février 1968 par André Malraux alors ministre des Affaires culturelles, la Maison de la Culture de Grenoble est le résultat d'une volonté locale et d'une ambition nationale.
Grenoble a connu une croissance démographique considérable depuis la seconde guerre et les Jeux Olympiques de 1968 lui donnent l'occasion de réaliser d'importants équipements. La Maison de la Culture en est un.



Sa réalisation est confiée à l'architecte André Wogenscky.
Elle n'est pas un cas isolé en France, mais elle est la première dont les locaux ont été spécialement conçus pour leur usage.
Les Maisons de la Culture créées en France à la fin des années 1960, répondent aux besoins culturels grandissants. Elles ont pour objectifs, la démocratisation et la décentralisation de la culture à travers toutes les couches sociales de la population. Elles sont implantées là où un passé culturel existe déjà, en particulier un passé théâtral. C'est le cas de Grenoble avec la Comédie des Alpes.

Son emplacement sur un terre-plein entouré d'un espace vert la met en valeur et l'isole. Souvent comparée à un grand vaisseau blanc, on découvre un grand bâtiment blanc surmonté de super-structures noires à l'inverse des montagnes qui l'entourent. Un deuxième volume rectangulaire blanc est développé en saillie côté sud. La partie ovale du bâtiment repose sur de minces pilotis de forme identique à la partie qu'ils supportent.
La plupart des surfaces sont aveugles, les rares ouvertures avec brises-soleil- rappels du Maître Le Corbusier - de formes allongées et solidaires de la construction éclairent les bureaux.
L'ossature est en béton pré-contraint, brut de décoffrage. Le corps principal du bâtiment et la structure en saillie sont recouverts de plaques émaillées blanches et les superstructures de plaques de fonte noires.
De l'extérieur, on ne peut préjuger de l'organisation intérieure et de la fonction du bâtiment. Toutefois la sculpture de Marta Pan, symbolisant deux mains jointes rappelle la fonction d'accueil et de communion de la Maison de la Culture.
L'espace intérieur est diversifié pour répondre à des activités multiples, mais l'accent est mis essentiellement sur l'action dramatique. Trois salles ont été prévues à cet effet.
Une petite salle de 323 places est aménagée pour différents types de spectacle, théâtre, cinéma, café théâtre.
Une grande salle polyvalente de 700m2, pour 1153 places, comporte une scène de 15m de large, 38m de long et de 18 m de haut. En retour sur les côtés de la salle, deux éperons servent de sorties pour les artistes. Une fosse d'orchestre trapézoïdale peut se transformer en proscenium grâce à 14 planches mobiles. Les sièges des spectateurs, tous identiques sont disposés sur une pente à grande visibilité pour une vue égale rejoignant ainsi le principe d'égalité devant la culture.

La salle qui atteint la plus grande égalité est le théâtre de 538 places, où les spectateurs occupent un plateau central circulaire mobile, entourée d'une scène en anneau également mobile. La scène annulaire est composée de deux pistes indépendantes qui peuvent tourner en sens inverse. Autour de la scène circulaire, des panneaux s'ouvrent sur une scène fixe. Ce dispositif scènique permet une synthèse de plusieurs arts, théâtre, danse, cinéma. Les spectateurs sont englobés dans le spectacle, ils sont pour ainsi dire actifs. André Wogenscky a mis en application le principe du théâtre total sujet de recherche de Walter Gropius. La régie se trouve au centre et suspendue dans une nacelle.
La circulation intérieure est fluide et sans obstacle. Les possibilités sont nettement exprimées, hall d'accueil, exposition, restaurant, foyer.. Les trajets sont marqués, par la transparence, les perspectives ouvertes, par la couleur rouge qui exprime le mouvement, le dynamisme.

André Wogenscky s'est assuré la collaboration d'Alain Richard et d'André Monpoix pour l'architecture intérieure. Les contrastes francs obtenus à partir du gris, noir, blanc, béton brut, sont relevés par la couleur rouge omniprésente ( sièges et moquette petite salle).
Pour ne pas entrer en conflit avec les oeuvres exposées et interprètées, l'architecte a intégré très peu d'oeuvres à la construction. A l'intérieur, on trouve le rideau de scène escamotable de Martin Barré et des poignées de portes et rampes des escaliers de Marta Pan, à l'extérieur, une seule oeuvre, celle de Marta Pan déja citée.


Sources Bibliographiques
:
  • Revues Connaissance des Arts No 192 et 194
  • Revue l'Oeil No 1587

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