Le Grenoble de Stendhal |
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Il y réitère ainsi un des termes de l'antagonisme : « Tout ce qui est ennemi du moindre mouvement généreux, tout ce qui se réjouit du malheur de qui aime la patrie (...), voilà Grenoble pour moi. » En 1838, on lit dans les Mémoires d'un touriste «Ce que j'aime de Grenoble, c'est qu'elle a la physionomie d'un grand village comme Reims, Poitiers, Dijon, etc... ; toutes les maisons y ont quatre ou cinq étages, quelquefois six ; la première condition de l'architecture, c'est de montrer de la puissance.» Ainsi admire-t-il la majestueuse allée de sept kilomètres de long, qui existe toujours, et va de l'Isère à Pont de Claix. Il aurait dû aimer la rue que fait percer son père, l'actuelle rue Lafayette, et la belle maison de pierre, de quatre étages avec l'entresol, que ce dernier fait édifier à l'angle de la rue de Bonne et de la rue Raoul-Blanchard (toujours visible). Mais voilà : Stendhal les trouve laides, ridicules, ruineuses. Pourquoi ? Stendhal déteste son père. Il accuse le pauvre homme d'avoir les défauts
(et les vertus) du caractère dauphinois et surtout, inconscient, le rend responsable de
la disparition de sa mère, morte en couches quand il a seulement sept ans; responsable
aussi «des douleurs amères et des dégoûts » qui s'ensuivent dans sa
jeunesse : contacts interdits, reproches agressifs, vie dans le mensonge. La morosité, la
froideur de son père le révulsent. C'est dans son livre autobiographique, la Vie d'Henry Brulard, que Stendhal fournit sans doute
la meilleure clé de cet amour-haine pour Grenoble, avec son "premier souvenir".
Finalement Grenoble, rappelle à son âme les conflits de sa jeunesse, mais elle reste à la hauteur de son amour pour la qualité qui marque, selon lui, l'avènement du XIXème siècle : l'énergie. Ville trop liée dans son coeur à l'ordre ancien des choses, puis à la monarchie, à la Restauration et à la bourgeoisie, mais ville embellie par une architecture volontaire, par les montagnes alpines les plus puissantes, et par le dynamisme de la grande Révolution. Gilles Vachon, Ecrivain - Professeur au Lycée International Stendhal |
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Copyright © Riches Heures du Patrimoine - Grenoble Pôle Européen Universitaire et Scientifique - nov 1995 |
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